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Ferdinand Springer

Ferdinand Springer
Ferdinand Springer à La Ciotat en juillet 1998.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 91 ans)
GrasseVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Josef-Joachim Ferdinand SpringerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Lieu de travail
Mouvement
Père
Ferdinand Springer junior (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Ferdinand Springer
Signature

Ferdinand Springer, né le [1] à Berlin, installé en France en 1928, mort le à Grasse, est un peintre graveur appartenant à la nouvelle École de Paris, dont l'œuvre abstraite s'oriente en sa dernière étape vers la libre figuration de paysages réinventés.

Biographie

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Formation et débuts

Ferdinand Springer naît le à Berlin d'un père allemand, éditeur scientifique, et d'une mère suisse. Après des études secondaires à Potsdam, il s'engage à partir de 1926 dans des études d'histoire de l'art à l'université de Zurich, suivant les cours de Heinrich Wölfflin.

Il se consacre à partir de 1927 à la peinture, travaille d'abord à Milan, où il rencontre Morandi, dans l'atelier du futuriste Carlo Carrà, puis, en 1928, à Paris auprès de Roger Bissière à l'académie Ranson où enseignent également Gino Severini et Moïse Kisling. Il réalise simultanément des copies au Louvre et en 1932 apprend la gravure à l'Atelier 17 de Stanley Hayter.

Installation en France

Il fait en 1935 la rencontre de Wilhem Uhde qui lui achète plusieurs œuvres, confisquées plus tard par la Gestapo, et d'Otto Freundlich. Il présente en 1936 sa première exposition personnelle, expose aux « Surindépendants » avec ses amis Hans Hartung, Victor Brauner, Maria Elena Vieira da Silva. Il illustre de gravures en 1937 Le Banquet de Platon, voyage et expose à New York à la galerie Julien Levy, rencontre Alexander Calder, Salvador Dalí, le galeriste Pierre Matisse.

En 1938 il s'installe à Grasse, le paysage provençal donnant une nouvelle impulsion à son travail.

Seconde Guerre mondiale

Springer est interné en 1939, avec notamment Max Ernst, Hans Bellmer et Wols, au camp de la Tuilerie des Milles, près d'Aix-en-Provence, où seront rassemblés des milliers de ressortissants allemands, pour l'essentiel des réfugiés ayant fui le régime nazi (notamment deux prix Nobel ainsi que le fils de Thomas Mann et celui de Karl Liebknecht).

Il est ensuite mobilisé comme prestataire (travailleur volontaire) à Forcalquier, où il fait la connaissance de Pierre Seghers. Démobilisé en 1940, il retourne à Grasse, où il se lie avec Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp, Alberto Magnelli, Sonia Delaunay, le sculpteur François Stahly — on parlera du « Groupe de Grasse ». C'est à cette époque que Springer réalise ses premières œuvres abstraites.

En 1942 il fuit en Suisse quelques semaines avant l'occupation allemande de la zone libre et visite à Berne l'atelier de Paul Klee. Les autorités helvétiques lui interdisant d'exposer et de vendre ses œuvres, il réalise une série de gouaches sur papier.

Après-guerre

En 1945 Ferdinand Springer retourne à Grasse où la plupart de ses œuvres antérieures à 1939 ont disparu. À partir de 1950 il développe un langage abstrait personnel, en marge de l'abstraction lyrique, illustre de gravures Eupalinos de Paul Valéry, édité par Gaston Gallimard à qui Raymond Queneau l'a présenté.

Alors qu'il s'établit en 1952 à Paris, de nouvelles gravures pour le Tao-Té-King de Lao-Tseu et pour le Livre tibétain des morts jalonnent une longue période de travail graphique (burin, aquatinte et eau-forte). Springer se tourne à nouveau vers la peinture en 1955 et l'exposition qu'il présente en 1958 est préfacée par Francis Ponge.

Il réalise en 1960 ses premiers « découpages », gravures-reliefs dont les titres se réfèrent aussi bien aux Aborigènes australiens qu'à l'Égypte ancienne, aux civilisations grecque, étrusque ou amérindiennes, en une transposition graphique de l'esprit des objets magiques des cultures traditionnelles. Springer apparaît alors, auprès de Henri-Georges Adam, Pierre Courtin ou Johnny Friedlaender, comme l'un des artisans du renouveau de la gravure moderne.

Tandis qu'il expose régulièrement en Europe (France, Allemagne, Italie, Norvège, Suisse) ou aux États-Unis et que de premières expositions rétrospectives lui sont consacrées à Heidelberg, puis Dortmund, Brême, Grasse, Caen (préface de Bernard Dorival), deux tapisseries sont tissées d'après ses maquettes par l'atelier Plasse Le Caisne.

Grasse

Ferdinand Springer dans son atelier de Grasse en 1998.

Springer s'installe définitivement à Grasse en 1975, continuant à graver et réalisant, à partir de 1980, de grandes aquarelles de « paysages imaginaires » inspirés du haut-pays grassois.

Après une nouvelle série de compositions géométriques abstraites, en 1990, dans lesquelles dominent les formes sphériques et les tons en demi-teintes, sa peinture s'oriente vers une figuration abstraite ou une « abstraction libre » où les lumières et les horizons de paysages réinventés apparaissent constamment présents.

« Mon œuvre n'est pas achevée mais elle est quand même derrière moi. Je crois que je n'ai plus rien à prouver. Je suis en quelque sorte délivré, libre, ce qui me permet de suivre mon désir où qu'il se situe. Mon désir en ce moment, c'est de continuer à développer le thème du paysage imaginaire dans de multiples variations. J'ai l'impression d'opérer une synthèse de toutes les expériences antérieures », dit Springer[2].

Après une nouvelle exposition rétrospective à la chapelle des Pénitents bleus de La Ciotat en août 1998, Springer meurt à Grasse le 31 décembre de la même année.

Commentaires

« Le paysage devient alors un support : Springer y récolte des motifs, des formes de la nature qu'il déconstruit puis « re-crée » dans la solitude de l'atelier. Tout aspect descriptif est ici aboli. Les traces de figuration encore visibles dans les aquarelles les plus anciennes ont disparu. Par-delà le paysage, Springer atteint l'essence des choses. Le langage pictural très pur, la réduction des couleurs, sont ceux de ces maîtres japonais qui, avec une ligne, un point, avec le moindre accent, savent suggérer un horizon, une montagne ou le granité d'une roche. »

— Emmanuelle Foster[3]

« À partir de 1992 la métamorphose gagne sa peinture lorsque Springer y transpose ce nouveau climat. Sur ses toiles les larges surfaces de la couleur se rassemblent en ciels et nuages, étangs et collines, arbres ou rochers, la lumière tourne d'un degré de plus, traverse la frontière du présent, touche aux rives bleues de l'intemporel. Nulle volonté illusionniste :(…) la nature y apparaîtrait plutôt un rêve, une expansion de la peinture. Par de tout autres moyens Springer déploie dans l'invention de ses paysages métaphysiques une dimension d'étrangeté qui n'a cessé d'accompagner l'histoire du paysage, du romantisme au symbolisme ou au surréalisme. »

— Michel-Georges Bernard[4]

Sélection d'œuvres

Livres illustrés

Estampes, gravures

Peintures

Notes et références

  1. Voir notice d'autorité sur le catalogue général de la BnF.
    Toutefois, le Bénézit et le Delarge indique 1906, sans plus de ; cf. Ressources relatives aux beaux-artsVoir et modifier les données sur Wikidata : .
  2. Emmanuelle Foster, Ferdinand Springer (entretiens), préface de Lydia Harambourg, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1995.
  3. E. Foster, Ferdinand Springer, Grasse, Palais des Congrès, 1992.
  4. M.-G. Bernard, Ferdinand Springer (dossier), La Ciotat, 1998.
  5. Notices bibliographiques du catalogue général de la BnF.

Voir aussi

Bibliographie sélective

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Michel Seuphor, Dictionnaire de l'art abstrait, Paris, 1957.
  • Ferdinand Springer, Aquarelles, textes de Francis Ponge et de Wolf Jobst Siedler, Berlin, Editions Gebr. Mann, 1984 (ISBN 3786113262). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ferdinand Springer, Aquarelle, Krefeld, Verlag Galerie Peerlings, 1987.
  • Emmanuelle Foster, « L'Œuvre gravé de Ferdinand Springer » et « Ferdinand Springer, évolution de l'œuvre récent », dans Ferdinand Springer, Grasse, Palais des Congrès, 1992. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lydia Harambourg, Dictionnaire des peintres de l'École de Paris, 1945-1965, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1993 (ISBN 2825800481) ; nouvelle éd., 2010, p. 448-449 (ISBN 978-2-8258-0241-0).
  • Emmanuelle Foster, Ferdinand Springer (entretiens), préface de Lydia Harambourg, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1995 (ISBN 2825800783). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Abstraction 50, l'explosion des libertés, Ville de Rueil-Malmaison, éditions du Valhermeil, 2011, 128 p. (ISBN 9 782354 670948). Document utilisé pour la rédaction de l’article Reproductions : Sans titre, 1943-1945, 16 × 23 cm ; Tonalité bleue, vers 1958, 80 × 64 cm, p. 6 et 90.
    Exposition du 9 décembre 2011 au 19 mars 2012.

Filmographie

  • L'Exil. 1re partie, Les Milles 1940, avec Ferdinand Springer, Aix-en-Provence, Airelles vidéo, 2011 (BNF 42569480)

Article connexe

Liens externes

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